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Bureaux analogues pour nomades digitaux

Magazine Contact #14

Le nombre de Home-Offices et de créatifs augmentent de concert. Le marché et la publicité nous apprennent que ces nouveaux actifs doivent en même temps être des « coworkers ». Réflexions pour une tendance émergeante.

Ils sont des managers culturels, enseignent la médiation, sont consultants en gestion de management global, tiennent des blogs dédiés au yoga, enseignent le langage du corps, organisent des séminaires, traduisent l’espéranto, chassent les nouvelles tendances, dessinent des cartes de visite ou fabriquent des bonbons fantaisies. Le nouveau millénaire offre une quantité de perspectives professionnelles inédites. Une évolution en correspondance directe avec l’essor du travail indépendant. En Autriche 478.500 personnes, soit 12 % d’actifs sur 4,1 millions, sont des personnes actives non salariées. Tendance montante ! Il y a dix ans le taux des non-salariés était inférieur de 20%.

 

« La créativité des non-salariés est énorme », dixit le sociologue viennois Reinhold Knoll. « C’est un plaisir de voir des jeunes gens qui sont courageux et qui trouvent une

niche dans le marché pour s’y implanter et réussir par leur travail. Ce fait ne peut pas nous faire oublier que le marché du travail en Europe connaît un rétrécissement. » La politique sociale connaît des coupes et les conditions sociales générales sont devenues très difficiles. « Quelquefois les entreprises individuelles ne constituent qu’une tentative créative d’échapper au piège de la précarité » pense Knoll. « Ces entreprises perdurent parfois quelques mois. Dès que les subventions ou les avantages fiscaux s’épuisent, une lutte quotidienne pour la survie commence. Et nous savons parfaitement que seules quelques-unes sont capables de réussir. »

 

Le bureau personnel représente une dépense énorme. En particulier les frais locatifs et l’ameublement. Le coworking, la location temporaire d’un espace de travail, est une possibilité d’échapper à cette pression. Il en résultera d’abord une demande croissante et en réponse une nouvelle activité émergera, la mise à disposition et la commercialisation d’espaces professionnels en coworking. De bon augure !

L’offre dans les grandes villes est multiple et va des locaux pittoresques lookés « bobos », aux ateliers grands espaces ou aux lofts qui donnent l’impression de se retrouver sur un plateau de tournage d’un film science-fiction dans les années soixante, quand l’avenir était blanc et brillamment illuminé. Ne manquent plus au tableau que le capitaine Kirk et monsieur Spock. « The HUB » à Prague (un ancien bâtiment industriel) figure parmi ce type de bureaux ou encore le « Neno-Office » à Vienne, dans la trépidante Mariahilfer Straße. Quelle est l’opinion de Reinhold Knoll là-dessus? « Ces modèles pour bureaux répondent aux besoins des gens de communiquer. Idéalement, il y a en plus une atmosphère détendue presque estudiantine en ce lieu de travail temporaire qui correspond au modèle culturel de la génération suivante. »

 

Dans la plupart des coworking-offices on ne paie que quelques Euros par jour - les contacts sociaux inclus. La personne assise à la table voisine sera peut-être un client potentiel ce qui serait exactement dans le sens des intentions du coworking. Dans cet ordre d’idée, ne pas acheter des prestations mais les échanger serait un aboutissement. Par exemple : Je cherche un designer pour websites et offre des supervisions d’aménagement. Pour Knoll, le seul problème à craindre serait alors celui d’une économie exclusivement basée sur le troc. Wojciech Czaja

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