Magazine Contact #16 - Magazine - A propos de nous - Concept Wiesner-Hager - fabricant de mobilier de bureau
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Les bonnes idées ont besoin de temps pour mûrir.

Magazine Contact #16

greutmann bolzern est un duo de designers, couronné de prix, qui se sont rencontrés il y a 28 ans pendant leurs études. Depuis lors, ils arpentent le même chemin, tant sur le plan intime que professionnel. Pour Wiesner Hager, ces sympathiques Suisses ont déjà mis quatre collections au point, parmi lesquelles veron et n_table. Nous leur avons rendu visite dans leur studio, à l’Académie des Beaux-arts de Munich, afin d’évoquer la thématique du bureau, son enseignement, ainsi que les rêves de design qu’ils poursuivent encore à ce jour.

Votre travail se concentre sur l’univers du bureau, quel est votre vécu personnel avec ce dernier?

Carmen : Je n’ai pas encore conçu le bureau idéal pour nous. Nous travaillons toujours dans un aménagement provisoire – mais ce n’est pas une mauvaise chose, et laisse le champ libre à de nouvelles idées.

Urs : A Zurich nous disposons d’un grand loft où nous organisons justement l’aménagement mobilier en fonction des besoins du moment. C’est notre laboratoire expérimental. Nous pouvons aussi y faire de la place pour y installer un prototype de grande taille.

 

Vous portez également l’accent sur la flexibilité?

Urs : Oui et le caractère statique d’autres postes de travail me dérange souvent…alors que la technologie actuelle permet justement le nomadisme, le “non-territorial working”!

 

Un bon design est-il un facteur de motivation pour le travail?

Urs : Peut-être pas un poste de travail individuel mais un concept global cohérent, oui, très probablement. Un design bien pensé traduit une forme d’estime à l’égard des employés. Et justement, dans l’actuelle “guerre pour les talents”, cela s’inscrit dans un pack complet où

l’architecture d’intérieur joue un rôle.

Carmen : Il est important que tous les postes de travail soient de même valeur. Le design doit proposer qualité et ergonomie, être fiable. Sans quoi il n’est utilisé qu’à contrecoeur.

 

A propos de motivation, vous enseignez depuis 2003 à l’académie des Beaux-arts de Munich où nous sommes aujourd’hui. Quel attrait a pour vous l’enseignement?

Urs : Nous rencontrons ici une foule de jeunes gens et pouvons les accompagner dans leur épanouissement, les aider à produire de bonnes idées. On s’y investit personnellement et on reçoit tant et plus en retour.

Carmen : On se doit tout à coup d’expliquer ce que l’on fait, quand et pourquoi, que cela fonctionne ou pas. Enseigner modifie le regard sur son propre travail.

Vous étiez vous-même étudiants dans les années 80, si vous compariez cette époque avec aujourd’hui, quelles différences souligneriez-vous?

Carmen : Nous n’avions alors ni ordinateur, ni internet. Nous allions à la bibliothèque, tracions des croquis sur un bloc et avions plus de temps pour échanger des idées. Les choses ont beaucoup changé.

Urs : Le temps ne s’écoulait encore pas à un rythme aussi effréné. Aujourd’hui semble beaucoup plus superficiel. Les clients sont plus impatients et en conséquence de la globalisation, la concurrence est elle aussi plus affirmée. Je vois là une évolution inadéquate quant aux coûts de la

créativité et de la qualité.

 

Vous avez mené, pour l’aéroport de Zurich et la compagnie Swiss, nombre de projets, un défi particulier?

Carmen : Absolument, c’est une autre dimension lorsque l’on peut organiser la zone  d’embarquement et toutes zones attenantes en combinant architecture intérieure et produits design, du moindre élément mobilier à l’agencement des halls. Tout ça sous la contrainte des

normes de la protection d’incendie, des restrictions d’accès ou encore le fait que l’on travaille pour deux commanditaires : l’aéroport lui-même mais aussi les compagnies aériennes, ses locataires.

 

Travaillez-vous actuellement encore ensemble?

Urs : Oui, nous venons justement de remporter un concours pour la conception de nouveaux couverts et vaisselle de bord de la Business-class. Les prototypes sont terminés et deux ans de test en vol sont en cours. Cela peut paraître bizarre mais c’est ainsi. L’espace est restreint, tout doit être pratique et aller vite, sans oublier que cela doit être esthétique.

 

Qu’aimeriez-vous encore concevoir?

Urs : [rires] L’avion qui va avec la vaisselle.

Carmen : [rires] J’étais sûre que tu dirais cela. Oui un projet intégral, la totale en somme, me fait encore défaut à ce jour. Concevoir un hôtel par exemple, de A à Z. Ou même un avion.

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