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Automatisation du monde du bureau : le travail au bureau nous échappe-t-il ?

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La transformation digitale change tout, également le travail de demain. Un des plus intéressants visionnaires à ce sujet est le professeur Helmut Karner, conseiller d’entreprise et co-fondateur du Föhrenbergkreis. En 2001 déjà, Wiesner-Hager a discuté les tendances du travail dans le futur avec lui. Nous l’avons rencontré pour le nouveau magazine contact pour reconsidérer les développements des 15 dernières années, afin de sonder les pronostics de cette époque-là et oser jeter un coup d’œil dans la boule de cristal.

Lors du changement du millénaire la vielle économie s’est transformée en une nouvelle et la digitalisation du monde de travail a commencé. Pendant les dix premières années, la progression de ce développement était plutôt modérée, mais s’est considérablement accentuée depuis 2010. L’internet et la technique mobile (telle que smartphones, tablettes, internet sans-câbles, …) ont un effet catalytique pour la transformation digitale des processus d’organisation. L’automatisation du monde du bureau a fait l’objet d’une énorme accélération : Tandis que la productivité et le salaire ont augmenté de la même façon pendant une longue période, depuis les années 2000 la productivité du travail a augmenté deux fois plus grâce à l’automatisation croissante (source : Federal Reserve Bank of St. Louis). Le phénomène que nous avons connu les dernières décennies deviendra également réalité dans le travail intellectuel.

En période de Big Data l’automatisation du travail intellectuel signifie que des systèmes informatiques intelligents sont de plus en plus capables de prendre les meilleures décisions nécessitant des capacités analytiques par rapport à l’homme lui-même. Des décisions qui sont fiables et prises en temps réel. « Le grand succès d’Amazon, Google et autres ne réside pas dans les informations qu’ils offrent à leurs clients, mais dans le fait de connaître les besoins des clients avant les clients eux-mêmes. Tout cela grâce aux connaissances qu’ils gagnent par l’analyse des recherches. Ainsi ils peuvent offrir à leurs clients des produits sur mesure », souligne Prof. Helmut Karner. L’automatisation peut pourtant être considérée comme menace dans le sens « travail de bureau classique » : les tâches typiques des personnes chargées de dossier seront accomplies par des systèmes intelligents et une quantité d’emplois sera obsolète. Il nous reste quand même du travail : Dans le futur, l’homme trouvera sa place dans des domaines intellectuels encourageant la créativité, qui vont de paire avec le travail en équipe, les émotions et l’empathie. Ce sont les caractéristiques qui qualifient l’homme et le rendent supérieur à la machine.

Entretien avec le professeur Helmut Karner :

La transformation digitale dans le monde du travail est en forte progression. Comment jugez-vous le développement pendant les 15 dernières années ?
Karner : Déjà en 2001, il était évident que les facteurs de production tels que le capital, le travail, le terrain et les ressources seront remplacés par le savoir. Le savoir ici ne signifie pas l’information : Les informations seules n’augmentent pas la compétitivité. Seulement la transformation ciblée de l’information en savoir contribue au succès d’une entreprise. En Autriche un taux de soixante à soixante-dix pour cent des emplois est basé sur le travail intellectuel. Un phénomène nouveau est que l’automatisation pénètre de plus en plus ces secteurs du monde de travail. Ce développement s’est encore accéléré particulièrement pendant les 5 dernières années.

En pensant à l’automatisation, on voit surgir des images qui montrent des machines industrielles et la production de masse. Quelle est la signification de l'automatisation dans le domaine du travail intellectuel ?
Karner : Thomas Davenport (auteur américain et spécialiste pour analyses) parle dans ce contexte du fait que nous avons atteint l’ère d’Analytics 3.0. Analytics 1.0 décrit les systèmes de banques des données classiques des années 1970. Les données sont provenues des sources à l’intérieur d’une entreprise et se sont limitées à des analyses descriptives. L’apparition de Big Data dans les années 2000 signalait la naissance d‘Analytics 2.0, qui a été caractérisé par une quantité immense des données. Beaucoup de collaborateurs ont été occupés à analyser et exploiter les données et à en tirer des résultats pour générer des informations un certain savoir. Analytics 3.0 assume cette tâche des systèmes «  on the fly ».

Ainsi on prend connaissance des processus dans l’entreprise et des décisions automatisées qui en résultent.

Y-a-t-il des exemples actuels pour une utilisation d‘Analytics 3.0 ?
Karner : Oui bien sûr. « L’alerte intelligente » d‘Amazon en est un bon exemple : On fait l’analyse d’une recherche pour déterminer 40 critères. D’ici on peut déduire vos intérêts respectivement vos besoins futurs. Vous le remarquerez lors de votre prochaine visite sur Amazon. Le système vous propose automatiquement des produits qui sont susceptibles d’être intéressants pour vous. D’autres exemples sont les cartes-clients et les cartes de fidélité des grandes chaînes commerciales, qui sont organisées selon un principe similaire.

Le travail au bureau nous échappe-t-il alors, à nous les « employés de bureau ? »
Karner : Dans les métropoles de Chine ou de Singapour où le taux de travail intellectuel s‘élève à plus de quatre-vingt pour cent, les emplois accomplis dans le passé par les personnes chargées de dossier, sont actuellement assumés de plus en plus par des logiciels. On ne peut pas dire que nous manquerons de travail, mais un déplacement des priorités dans le travail est prévisible.

Où voyez-vous les priorités dans le futur ?
Karner : Dans quelques domaines l’homme est toujours bien supérieur à la machine, par exemple surtout au niveau créatif : L’homme trouvera toujours sa place dans tous les secteurs créatifs où il s’agit de nouvelles idées et d’innovations. Le travail d’équipe gagne de plus en plus en importance. Une offre supplémentaire de compétences diverses et de tactiques à résoudre des problèmes fait entrer en jeu de nouvelles perspectives. Des compétences qui sont caractéristiques pour l’homme, telles que l’empathie et la capacité de motivation joueront un rôle prépondérant dans le futur. L’habileté est également un facteur-clé et le restera encore dans le futur.

Quels en seront les effets sur les bureaux du futur ?
Karner : Les nouvelles priorités dans le travail se reflètent dans les bureaux du futur. La modulation est une nécessité actuelle. La possibilité de former le plus vite possible des équipes de travail et de mettre à disposition l’espace nécessaire, peut fonder le succès d’une entreprise.
Google qui est considéré comme étant en pointe des bureaux innovants mise dans son nouveau quartier général américain sur des « zones de rencontres spontanées ». Il s’agit des lounges et des working cafés conçus dans l’intention de favoriser la rencontre et l‘échange des idées entre les employés qui travaillent intellectuellement sur les différents secteurs. Cette méthode peut augmenter le niveau du savoir et des connaissances de toutes les personnes impliquées. Le bureau du futur pourra être un « Corporate Campus  (Campus d’entreprise) », qui unit la vie, le travail, la sphère privée et publique.

M. Prof. Helmut F. Karner exerçait son activité professionnelle pendant 35 années dans le management exécutif international (entre autres directeur général d’Olivetti, directeur de l’université mondiale de la compagnie Olivetti, chef de Northern Telecom en Europe). Actuellement il travaille en tant que consultant international de management pour entreprises et institutions. De plus il est chargé de nombreux cours dans des Business Schools en Autriche comme à l’étranger et exerce la fonction de Spiritus Rector du Föhrenbergkreis autrichien Think Tanks (http://fbkfinanzwirtschaft.wordpress.com/).


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