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Esprits libres entre eux.

Magazine Contact #26

Les employé(e)s veulent de plus en plus décider quand, comment et où ils travaillent. Mais jusqu’où peut ou doit pouvoir aller la liberté ? Un article sur le nouveau symbole de prestige dans le monde du travail

« La liberté de penser, à quoi sert-elle, si elle ne mène pas à la liberté d’agir ? » Les mots de l’écrivain irlandais Jonathan Swift remontent à plus de 300 ans et pourtant ils n’ont rien perdu leur actualité. Nous sommes libres comme jamais auparavant dans la politique, dans l’économie et dans la façon dont nous concevons notre vie privée – au moins dans nos latitudes géographiques. Seul au niveau de travail, la notion de la liberté est en grande partie inconnue. Malgré tous les efforts pour offrir à l‘employé(e) une place de travail agréable, malgré toute la superstructure théorique concernant l’attractivité de l’employeur et de l’enseigne, beaucoup d‘employé(e)s ressentent un certain enfermement. Selon l’institut de sondage d’option Gallup, 84 % des employé(e)s ont un lien émotionnel très faible, ou même aucun lie, avec leur entreprise (Source : Gallup Engagement Index 2015). Un chiffre frappant. « Notre monde de travail fait souvent parvenir le message que les besoins et les souhaits individuels ne sont pas importants pour les entreprises – un fait qui n’étonne pas, » ainsi l’explique Jim Keane, CEO de Steelcase, fournisseur américain de meuble de bureaux, dans un entretien avec le Harvard Business Manager, il y a quelques mois.

« Si l’utilisation des machines dans les entreprises était tout aussi inefficace que l’engagement des employés, les parties prenantes s’échaufferaient. » L‘approche de Keane serait de concéder plus de liberté aux collaborateurs. « La liberté est le nouveau symbole de prestige. Il faut donner le choix aux employé(e)s pour libérer leur potentiel individuel. Ils ont besoin d’espace libre pour découvrir leur propre style dans le travail. » C’est un appel lancé non seulement à l’aménagement de la place de travail, mais également à la culture d‘entreprise entière.

 

 

Motivation grâce à l’auto-détermination.

Les études diverses des années passées démontrent que les relations sociales et les amitiés stabilisent les effectifs. Au centre d’appel de Bank of America, où la direction se plaint souvent des démissions fréquentes, on a installé une organisation individuelle des pauses. Keane explique : « Lorsque les employé(e)s étaient libres de choisir l’heure de leur pause, ils (elles) ont eu la possibilité de prendre rendez-vous avec des collègues qui leur étaient sympathiques. Au fil du temps, des relations se développaient – et le taux de fluctuation du personnel a diminué. » Mais on se penche déjà dans nos latitudes sur les facettes du terme liberté dans le contexte de la place de travail.

« La liberté signifie une certaine marge de manoeuvre individuelle qui varie selon la culture d’entreprise et le positionnement de chacun à l’intérieur de l’entreprise », nous éclaire ainsi Christine Korak, psychologue du travail à Graz et gérante de Agil Gesundheitsmanagement. « Celui qui peut travailler de façon autonome, avec une responsabilité personnelle et avec une organisation libre est plus heureux et plus motivé. L’employeur en profite grâce à la baisse des absences pour maladies, une efficience de travail et une loyauté à l’entreprise considérablement augmentées. » Korak exige un minimum de liberté surtout au niveau de la gestion du temps.

 

« Il y a des alouettes, des colibris et des chouettes et selon le chronotype respectif ou selon le cycle chronobiologique, nous fonctionnons plus ou moins bien aux différentes heures de jour et de nuit. Mon appel est donc, de laisser aux employé(e)s une certaine liberté d’organiser librement leur temps. » La psychologue expose que les limites commencent où la liberté se soustrait et le rendement n’est plus vérifiable. Naturellement il ne faut pas négliger tous les caractères auxquels une surcharge de liberté exerce un effet désagréable et angoissant. Il faut évaluer la bonne dose au cas par cas.

 

Gestion d’entreprise collective.

De plus en plus l’indépendance du lieu est offerte par l‘employeur et exigée de la part de l’employé. « L’entreprise qui veut avoir un positionnement attrayant sur le marché, doit offrir à ses employé(e)s des conditions de travail attrayantes », affirme Ewald Stückler, gérant de Tecno Office Consult Wiener Beratungs- und Planungsunternehmen. « Selon moi une certaine offre de l’ambiance et des milieux de travail devrait être standard, tout en sachant que ce standard est cependant encore loin d’être atteint partout. » Ewald Stückler a restructuré le site pour l’opérateur mobile Hutchison Holding, situé dans la Brünner Straße et il a divisé le bâtiment en multiples espaces de divertissement. On a même installé dans le jardin aménagé avec des caillebottis en bois, des potagers, des lampadaires, des fauteuils d’extérieur et même un minigolf et des espaces avec réseau sans fil. « Ma recommandation est toujours que la direction donne le bon exemple en profitant elle-même également de ces libertés offertes, » explique ainsi Stückler. « Rien de mieux qu’un patron, qui manie le club de minigolf ou qui prend place sous l’arbre pour un entretien informel. »

Dans quelques cas la liberté va même jusqu’à l’élimination de toutes les structures hiérarchiques où l’entreprise sera gérée par la collectivité du personnel. Bernhard Kern, directeur de Roomware Consulting GmbH cite l‘exemple de l’entreprise viennoise Tele Haase, assistée par Roomware Consulting en guise de consultant. Tele Haase est constitué d’équipes plus ou moins auto-organisées et sans directeurs. « Une situation qui s’exprime aussi dans l’aménagement des locaux de bureau. Il est important que ce niveau si haut de liberté n‘est pas un masque artificiel, mais qu’il soit parfaitement adapté à l’entreprise. Si tel est le cas, on a une situation bénéfique pour tous. » L’entreprise Waldviertler Schuhe à Schrems de Heini Staudinger qui est encore plus libre et plus moderne, est en train d’introduire une structure de bureau sociocratique. Le temps où le directeur personnifiait l‘autorité est révolu. Maintenant c’est chacun et chacune des employés qui peuvent s’engager en présentant leurs propres souhaits et leurs idées d’une culture d’entreprise et de responsabilité. Qu’il s’agisse d’un oui ou d’un non. Que nous disait donc Jean-Jacques Rousseau, l’écrivain et le philosophe français ? « La liberté consiste moins à faire sa volonté qu’à ne pas être soumis à celle d’autrui ». “

 

Wojciech Czaja

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